Voici un an, le 26 novembre 2004 (un vendredi), Nicolas le fils unique de ma collègue Corinne rendait son dernier souffle après plusieurs heures de souffrance physique; fièvre élevée, convulsions ont hélas eut raison de ce magnifique petit garçon qui allait fêter ses 12 ans fin janvier 2005.
Mais malgré notre incommensurable chagrin que nous partagions mes collègues Josianne (les 2), Nicole, Yolande, ainsi que nos collègues des divers services de la mairie d' Oullins, grand était notre soulagement à la pensée que Nicolas allait enfin être délivré de cette prison dans laquelle il était enfermé bien malgré lui depuis presque sa naissance.
Nicolas est né le 27 janvier 1993, en excellente santé, d'excellente composition faisant la joie, le bonheur et l'émerveillement de ses parents.
Tout était là pour qu'a priori une belle vie tende ses bras à cette famille, à ce petit garçon...
Hélas, le sort en avait décidé autrement ! Quelques semaines après sa naissance, Nicolas a contracté une méningite. Une infection qui lui laissa pourtant la vie mais aussi le rendit irrémédiablement infirme/moteur/cérébral (communément nommé IMC).
Malvoyant, presque sourd, dans l'impossibilté de parler, écrire, marcher, manger seul... Mais capable de communiquer par des petits sourires à peine perceptibles sauf pour ceux qui savaient lui ouvrir son coeur, des petits cris, des mouvements du corps quand il allait bien, qu'il était heureux, des grognements quand Nicolas était contrarié par quelque chose ou avait mal quelque part.
Combien d'interventions chirurgicales as-tu subi, petit ange ? Les oreilles auxquelles l'on t'a posé des diabolos, les bras pour la tonicité musculaire, le dos pour ta colonne vertébrale qui se déformait et d'autres dont j'ai oublié les noms barbares. D'autres opérations étaient programmées...
Aujourd'hui, un an a passé et tu es toujours et à jamais dans mon coeur.
Pardonne-moi de ne pas culpabiliser en ayant ressenti ce tel soulagement lors de ta délivrance.
Ce week-end, ta maman est auprès de toi, à Poitiers où tu as été mis en terre car toute votre famille est de la région. Ta maman
mais aussi son nouveau compagnon, Frédérique qui lui redonne peu à peu le goût de vivre. Un homme qui aurait fait un formidable beau-père pour toi, que tu aurais aimé. Lui ne t'aurait pas abandonné comme ton papa...
Tu sais, Nicolas, tu peux être fier de ta maman ! Mais je suis certaine que tu vois tout ça de là où tu te trouves et que tu lui insufles la force et l'envie de se battre et de vivre sans toi à ses côtés !
Je t'embrasse, petit ange Nicolas...
